dimanche 5 avril 2026

Yellow letters : Autopsie à la marge d’une dictature


Auréolé d’un Ours d’Or à la dernière Berlinale en 2026, le long métrage du cinéaste allemand İlker Çatak, né à Berlin dans une famille turque, « Yellow letters », met en scène une famille vivant à Ankara, Aziz universitaire et metteur en scène, Derya célèbre comédienne, et leur fille Ezgi, adolescente pratiquant la musique. Alors que la première d’une création théâtrale s’achève en présence du gouverneur, Derya refuse de se faire prendre en photo avec lui. Quant à Aziz, alors qu’une manifestation pour la paix se déroule dans la rue, il laisse ses élèves étudiants s’y rendre sans s’y opposer. Peu après, lui est révoqué et la pièce est suspendue par les autorités. Qui des deux a déplu ? nul ne le sait. Incapables de payer leurs dettes, ils partent à Istanbul vivre chez la mère de Derya.

İlker Çatak analyse l’évolution de cette famille d’intellectuels qui, si elle n’est pas activiste dans l’opposition à la dictature d’Erdogan, ne la porte pas dans son cœur. Si au départ, c’est Derya qui semble la plus opposée au régime, prête à la confrontation avec son représentant, le gouverneur, lui paraît abasourdi par l’éviction dont il est l’objet. Au fur et à mesure, c’est le père qui, devenu chauffeur de taxi, est tout près d’exploser face à la situation dramatique où vit sa famille, situation dont il se sent responsable, tandis que Derya est parvenue à intégrer une série télévisée dans un premier rôle, alors que cette série sera diffusée sur une chaîne télé d’extrême droite, façon CNews en France.

Question fondamentale : doit-elle accepter l’argent de cette télé, ou non. Le couple diverge sur la réponse à apporter. Inévitablement, le couple explose, suite à une scène culte où les deux époux règlent leurs comptes dans la voiture, avant de se rendre à la police signaler la disparition de leur fille ado, ne supportant plus la situation. Par une ellipse finale, c’est Ezgi qui parviendra à ressouder le couple.

Le cinéaste a pu compter sur un duo d’artistes au sommet de leur art de comédien et comédienne, dans un film où Berlin prête son image à Ankara, et Hambourg à Istanbul, le tournage en Turquie s’avérant probablement périlleux. Un film exceptionnel, long de deux heures, qui mériterait une programmation importante dans les cinémas français, ce qu’il n’a malheureusement pas. Car le monde de la culture en France, si on n’y prend garde, risque fort de connaître le sort de Derya et Aziz.

jeudi 19 mars 2026

Autopsie de la collaboration et naissance d’une extraordinaire actrice

Ne surtout pas être effrayé par la durée du dernier long, très long métrage de Xavier Giannoli, « Des rayons et des ombres », titre d’un ensemble de poèmes de Victor Hugo : 3 h et 15 minutes ! Il devrait rafler de nombreux Césars lors de la prochaine cérémonie début 2027. Adapté de la vie d’un père et de sa fille du début des années 30 jusqu’à la libération, soit Jean et Corinne Luchaire. Lui Directeur de journal, elle jeune actrice.

Nastya Gobuleva et Jean Dujardin

Pacifiste convaincu dans sa jeunesse, il va petit à petit évoluer vers la collaboration, au contact d’un ami rencontré en 1930, Otto Abetz, lequel finira ambassadeur du Reich à Paris en 1940. Quant à sa fille, elle sera une célèbre actrice connue au travers de son premier film, avant de sombrer dans les fêtes, l’alcool et le sexe. Tous deux sont atteints de tuberculose aiguë, toux et crachats de sang à la clé, leur espérance de vie étant limitée, Corinne meurt à l’âge de 28 ans.

Xavier Giannoli a-t-il réalisé un biopic (qu’est-ce qui est vrai dans le film, et qu’est-ce qui relève de la fiction) ? Si le cinéaste a très correctement reproduit la vie durant ces années d’occupation, de ceux et celles qui avaient choisi la collaboration, entre fêtes et orgies, Giannoli évite totalement à la fois le Front Populaire de 1936, ainsi que les actes de la Résistance dans Paris, dont on sait qu’ils furent de plus en plus nombreux au fil des années, jusqu’à sa libération. Choix du cinéaste que l’on peut accepter ou critiquer !

Quant à Jean Luchaire, il apparaît comme un individu se laissant entraîner, sans guère résister, dans la collaboration sans le vouloir, un peu comme un baigneur qui se retrouverait à 200 mètres du rivage entraîné par la mer. Et c’est là que le bât blesse. Comment comprendre alors sa fuite à Sigmaringen, le réquisitoire du Procureur lors de son procès en 1946 et sa condamnation à mort ? Il y a là quelque chose qui ne va pas. Erreur judiciaire ou falsification ? Je laisse à chacun et aux historiens, le soin de répondre.

Jean Dujardin incarne à merveille cet homme, patron de presse, collabo sans le vouloir. Quant à sa fille Corinne, la jeune Nastya Golubeva, fille de Leos Carax, est tout à fait exceptionnelle. Elle mérite à elle seule toutes les louanges possibles, entre son film où elle crie « je suis innocente », le passage au sanatorium, sa fuite en Forêt Noire, et in fine dans son appartement où elle enregistre ses mémoires après la guerre.

Les réserves étant faites, le dernier film de Giannoli est tout simplement une merveille cinématographique, à la fois picturale (les décors et costumes sont absolument splendides), et musicale (le requiem de Mozart sur un des moments les plus tragiques). Un film comme on n’en voit plus guère dans le 7ème art français. Mais avec 31 millions d’euros, Giannoli a fait des prouesses.

lundi 9 mars 2026

Conférence théâtrale sur les femmes oubliées : Une frise historique lumineuse !


Aurélie Plaut et Bénédicte Vrignault
, de la Compagnie « Je est un autre », basée dans le Montargois, ont imaginé l’adaptation au théâtre du texte de Titiou Lecocq, « Les Grandes Oubliées. Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes », qu’elles viennent de créer dans le cadre des Festiv’elles, dans la salle de l’Unisson à Saint Jean de la Ruelle, près d’Orléans.

Aurélie Plaut, la Directrice artistique de la Compagnie, s’est attelée à la tâche : comment retranscrire 300 pages en 80 minutes. Il fallait couper savamment, garder l’essentiel, sans dénaturer le roman de Titiou Lecocq paru à ce jour en 3 versions : adultes, enfants et BD. L’adaptation du roman donne néanmoins au public, une impression de vertige devant la somme considérable de travail qui a nécessité son écriture, tant le nombre de femmes invisibilisées, mais néanmoins présentes dans l’histoire, qu’elles soient reines, militantes, scientifiques, écrivaines ou poétesses, est considérable.

Et Titiou Lecocq a balayé toute l’histoire de l’espèce humaine, du Paléolithique jusqu’au 20ème siècle, Aurélie Plaut ayant choisi de ne pas traiter le 21ème, celui-ci étant plus que tout l’objet de nombreuses études sur le féminisme.

Adapter un tel objet d’études relevait de l’exploit, tant une conférence se devait de passionner l’auditoire. Toutes deux nous captivent en nous parlant du statut de ces femmes, qui n’ont pas toujours été confinées aux tâches ménagères, ou à celles de la représentation. Où l’on découvre que pendant la Préhistoire, les femmes n’étaient pas celles qu’on pourrait imaginer, mais où elles avaient un vrai rôle dans la société. Au final, on se dit que le 19ème siècle aura été celui où la femme aura vu ses droits niés avec le plus de force, le code civil napoléonien en donnant un terrible exemple.

Exhibant de petits cartons représentant qui une femme, qui un mot, une date, Bénédicte et Aurélie les fixent devant elle au fur et à mesure où les siècles défilent, réalisant une jolie frise, laquelle au final constituera l’histoire des femmes oubliées.

Mais tout cela ne suffisait pas : en fond de scène, grâce à un ingénieux système, les deux artistes manipulent et animent de petites marionnettes, sortes de poupées Barbie, leur donnent la parole, chaque saynète étant projetée sur grand écran. Il y a là « Achille et son amie d’enfance qui affirme sa liberté de femme », Pierre de Ronsard et son célèbre sonnet « Mignonne, allons voir si la rose... », « Napoléon et Joséphine l’impératrice », et bien d’autres. Merveille d’inventivité, d’ingéniosité, due à Ryan d’Achille et la musique à Eric Amrofel.

Alors que des projets sur les scènes de théâtre fleurissent en dénonçant les violences faites aux femmes, n’est-il pas plus positif de célébrer, au moment de la journée des femmes, le 8 mars, celles qu’on a invisibilisées au long des siècles ? Magistrale et lumineuse conférence théâtrale à découvrir et savourer avec délicatesse, pour scolaires et adultes, des deux sexes évidemment !

jeudi 5 mars 2026

PISTES de Penda Diouf : « Spectacle dédié à tous les génocides passés et actuels »

Nan Yadji Ka-Gara lors des saluts

Le CDN d’Orléans avait eu la bonne idée, en partenariat avec le théâtre de la Tête Noire de Saran, de programmer « Pistes », texte de l’autrice franco-sénégalaise (née à Dijon) Penda Diouf, dans lequel elle relie son enfance en France à son voyage en Namibie sur les traces, à la fois de l’ancien sprinter Frankie Fredericks, et du premier génocide du XXème siècle perpétué par la Prusse, répétition en quelque sorte avant la Shoah une trentaine d’années plus tard.

Sept pistes, sept couloirs d’athlétisme, qui s’envolent vers les cintres, tels des oiseaux, qui disparaîtront au mitan, pour laisser place au désert de Namib, couleur orangée, une branche d’arbre desséchée prenant place au centre du plateau.

Le chant du grain de sable ouvre et ferme le texte, dit et magnifiquement interprété par l’actrice, chanteuse, danseuse, Nan Yadji Ka-Gara. Penda Douf parle du racisme qu’elle a découvert à l’école maternelle, où à l’âge de cinq ans, lors d’une fête scolaire, elle est mise à l’écart de l’atelier maquillage. Jusqu’à l’épreuve de français au Bac, on ne raconte pas, c’est affreux.

Plus tard, afin de rompre avec une dépression, elle s’envole vers la Namibie, pays dit-elle que l’athlète Frankie Fredericks lui avait fait découvrir lorsqu’elle regardait à la télévision, le drapeau namibien brandi par le sprinter. Et de parler de son périple, seule dans le désert. Le génocide est là, sous ses pieds, les têtes d’où ne subsistent que les crânes trônant comme des trophées de chasse dans les musées allemands encore au 21ème siècle. Jusqu’à quand ?

 Au final, l’actrice dispose sur la scène, ces crânes, semblant interpeller le public afin de lui rappeler les massacres perpétrés par les colons européens en Afrique, s’agenouillant devant chacun l’espace d’une seconde, l’âme du défunt présente dans un souffle de vent du désert namibien.

Nan Yadji Ka-Gara en short blanc, chemisier rouge, captive son auditoire, composé de beaucoup de jeunes, lycéens ou étudiants, quelques pas de danse, quelques chants, et beaucoup de présence scénique dans un texte de Penda Diouf d’une grande beauté littéraire, lauréat ou finaliste de plusieurs concours. « Spectacle dédié à tous les génocides passés et actuels » est projeté sur le mur du fond. Chacun comprend !

samedi 28 février 2026

Orwell célébré par Raoul Peck

Le cinéaste haïtien fait revivre l’écrivain anglais George Orwell, auteur du célèbre roman « 1984 » traduit et lu dans de nombreux pays, au travers de son film documentaire « Orwell 2+2=5 » ; sorti sur les écrans en cette fin février.


Le film enlace la vie d’Orwell, son enfance, les quelques années où policier, il vit en Birmanie, c’est à son retour qu’il comprend les atrocités du colonialisme, la guerre civile en Espagne où il se rend, puis les années qui le conduisent à écrire son célèbre roman sur l’île écossaise de Jura alors qu’atteint de tuberculose, il est soigné dans un sanatorium et se meurt en janvier 1950.

Raoul Peck intercale des extraits des films des deux Michael, Anderson et Radford, « 1984 », sortis respectivement en 1956 et 1984, et de nombreux extraits vidéos des guerres actuelles ou passées, des discours de Trump, avec la voix d’Eric Ruf, ancien Directeur de la Comédie Française, lequel nous livre des écrits d’Orwell puisés çà et là dans son journal de bord.

On découvre ainsi que l’équipe Trump n’a rien inventé en ce qui concerne « les faits alternatifs », terme cher à la communicante trumpiste lors de son premier mandat. A plusieurs reprises, et cela figure noir sur blanc dans le roman d’Orwell paru en 1949, Raoul Peck insiste sur ce policier qui torturant le héros d’Orwell, veut lui faire dire que 2+2, ça fait 5.

Au final, ce n’est pas tant le roman d’Orwell qui serait porté au cinéma comme l’ont fait Redford et Anderson, mais une dénonciation du fascisme, de la montée des extrêmes-droites partout dans le monde, des dictateurs, et Raoul Peck les nomme, Trump, Poutine, Netanyahou (les images de Gaza en ruines sont présentes dans le film), et d’autres tel le massacre et l’exil des Rohingyas en Birmanie. Un grand merci au réalisateur haïtien.

lundi 23 février 2026

« Œdipe-roi », version « affaire familiale » à Berthier-Odéon.

Eddy D'aranjo à gauche

On connaît l’histoire racontée par Sophocle : en dépit des prédictions du devin, Œdipe tue son père et couche avec sa mère, d’où naîtra Antigone. C’est en s’appuyant sur cette légende mythologique qu’Eddy D’aranjo nous parle de l’inceste commis dans sa famille : crime souvent enfoui dans le tréfonds des secrets familiaux, quand ce n’est pas la justice qui ferme les yeux et condamne la mère qui aurait dénoncé le père, renvoyant les enfants violés vivre avec leur violeur (voir « Affaires familiales » d’Emilie Rousset).

D’entrée, dans un long prologue bien qu’on ne sache pas trop quand il s’arrête, Eddy nous dit que son père a violé sa grande sœur. Pas lui, du moins il ne le pense pas. Sa mère a porté plainte, a quitté le domicile familial. Le père ayant avoué, il fut condamné et emprisonné. Il meurt avant 40 ans d’un cancer. On ne vit d’ailleurs pas très vieux dans la famille paternelle.

Dans une première partie avant entracte, Eddy D’aranjo parle de l’inceste, ce crime plus fréquent qu’on ne croit, évoque des statistiques effrayantes, provoque même le public en indiquant que statistiquement devraient se trouver dans la salle plusieurs auteurs d’inceste. Cela d’une voix douce, monocorde, dont il s’excuse (on peut penser que le timbre de sa voix est voulu). Usant de la vidéo sur écran géant, des artistes de sa petite équipe, dans des plaidoyers quelquefois difficilement compréhensibles, évoquent ce crime à travers le théâtre, l’art, les images sont émotionnellement très fortes, les visages sur écran reflétant ce que les enfants peuvent éprouver.

Dans une seconde partie, Eddy D’aranjo se demande si l’inceste commis par son père pouvait être expliqué par l’histoire familiale. Suit alors une enquête remontant aux grands-parents d’Eddy, ou plutôt de sa grand-mère paternelle, car de grand-père, il n’y a point, ou plutôt 3 ou 4 pour officiellement 5 enfants, voire en fouillant bien, 8 dont 3 mort-nés, peut-être par auto-avortement. On plonge dans Zola. Il interroge quelques survivants, notamment une tante et sa fille qu’il n’avait plus revues depuis très longtemps, toutes heureuses de retrouver Eddy, le seul « homme de gauche » dans la famille, dira la tante, un sourire sur les lèvres d’Eddy. Une lettre lui sera remise, qu’il ne nous lira que vers la fin, faisant durer le suspense avant d’apprendre l’effroyable œdipien.

La fin secoue le public : si on peut supposer que sa grand-mère avorte elle-même, bien que rien ne le prouve, Eddy D’aranjo use du contournement, les trois artistes féminines expliquant comment on peut procéder soi-même à un avortement, en vidéo sur grand écran, mais filmé en direct. Le vagin est grand-ouvert au final, façon de conclure pour Eddy D’aranjo et de lancer au public, « vous vouliez connaître mon histoire familiale, la voilà » ! Sur la dernière scène, Eddy tient un fusil, posant la question de « tuer le père ».

Théâtre documentaire sur près de 4 heures, entracte compris, d’une rare beauté. Mention spéciale à Carine Goron, exceptionnelle.

mercredi 18 février 2026

L'auteur, acteur et clown est mort

 On apprend le décès, le 7 février dernier, de Gilles Ostrowsky, terrassé par une maladie neuro-dégénérative. Il était passé par le CDN d'Orléans en mai 2023, avec son dernier spectacle, « Voyage en Ataxie ». J'avais écrit ceci.

Gilles Ostrowsky est un acteur-clown, atteint d’une ataxie, maladie neuro-dégénérative. Sur le plateau, il en joue, s’en moque, ironise dans un spectacle flamboyant, plein d’humour, où la danse, les chansons, les pitreries alternent avec le discours médical.

Gilles à droite - Photo Alain Monot
Sur la scène, quantité de matelas, sûrement censés représenter l’équilibre instable dont souffre l’acteur, et ses problèmes d’élocution, consécutifs à ce syndrome cérébelleux (nom scientifique) ou MSA, soit atrophie multi-systématisée, qu’on a fini par lui diagnostiquer.

Sauf que l’acteur-clown ne joue plus, il se tient derrière un ordinateur et assiste impuissant, quoiqu’en ajoutant du rire à foison, aux pitreries des deux comédiens, Thomas Blanchard, censé être le personnage de Gilles, et Grégoire Oestermann (acteur monumental formé notamment par Marcel Bluwal et Antoine Vitez), Gilles Ostrowsky, enfin Thomas Blanchard, nous énumère les différentes personnes qu’il a consultées : d’abord le médecin traitant, puis le neurochirurgien, en passant par la psychiatre, le guérisseur le marabout, et autres charlatans. Mais toujours avec un humour dévastateur, aidé en cela par son compagnon de scène. C’est très fort.

Question charlatanerie, on pense forcément à tous ceux et celles qui ont proposé leurs remèdes miracles, contre le Covid. Un instant, on voit Charlot sur scène, puis les deux interprètent « Gabrielle » affublés de masques de Johnny Hallyday, les matelas virevoltent. Le désordre sur le plateau incarne celui des neurones de Gilles, que l’on nous projettera sur écran, Du grand art.

La mise en scène est assurée par la comédienne Sophie Cusset, partenaire historique de Gilles Ostrowsky, pour un spectacle programmé à trois reprises au CDN d’Orléans, dans la salle Vitez, toujours remplie de jeunes et de moins jeunes. Au CDN, on croise toutes les générations. Longs applaudissements au final.