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| Dernière scène du film |
Sur les écrans, actuellement, le film « l’Etrangère » de la cinéaste syrienne Gaya Jiji, constitue sans nul doute la révélation de ce début d’été, où les salles obscures offrent un havre de fraîcheur par ces temps caniculaires.
Nous sommes en 2016. Selma a fui son pays, la Syrie, en proie aux horreurs absolues, entre les islamistes de Daesh et les troupes de Bachar. Prof de français dans son pays d’origine, elle tente de rallier le pays de Voltaire, mais une arrestation en Hongrie l’oblige à donner ses empreintes digitales, ce qui en vertu du protocole de Dublin, la condamne à demander l’asile dans ce pays.
Parvenue en France, embauchée sans papiers par un cafetier, elle cherche à obtenir une régularisation auprès de l’OFPRA, aidée en cela par un avocat, dont elle va tomber amoureuse et réciproquement. L’arrivée sur le sol français du mari de Selma, lequel vient de passer cinq années dans les geôles de Bachar, en compagnie de leur fils, crée la rupture dans le film.
L’époux, à défaut de maîtriser la langue de son nouveau pays, comprend la situation. Astucieusement, les scénaristes confrontent les deux hommes en compagnie de Selma, le syrien usant d’une remarquable métaphore lorsqu’il raconte en arabe, une scène dramatique dans la cellule où il se trouvait naguère. Chacun comprend, mais tout le monde se tait.
Le film fait redécouvrir au public, une extraordinaire actrice tenant le rôle de Selma, l’iranienne Zar Amir Ebrahimi (1), laquelle transcende le long métrage par son interprétation faisant jaillir des émotions contradictoires. L’ultime scène, sur la plage, réunit la famille syrienne : le regard radieux de Zar Amir, plein de bonheur, contrastant avec la première scène du film lorsqu’elle frôle la noyade en mer, ouvre la voie à deux conclusions possibles.
(1) Zar Amir a obtenu le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 2022, pour le film « les nuits de Mashhad » où elle interprétait le rôle d’une journaliste poursuivant un assassin de prostituées.






