« Cotton Queen », un film soudanais, voilà une chose rare, d’autant que ce pays, coupé en deux en 2011 par référendum, donnant naissance d’une part au Soudan, et d’autre part au Soudan du sud, connaît toujours une guerre civile dramatique où les massacres sont légion, sans que les communautés africaine et internationale n’y puissent ou n’aient envie de faire grand-chose.
Mais ne nous y trompons pas : si Suzannah Mirghani, réalisatrice et autrice du scénario et l’équipe d’acteurs et actrices sont la plupart de nationalité soudanaise, l’équipe technique est européenne, les producteurs européens et égyptiens. Quant au lieu de tournage, le film a été réalisé en Egypte où un village a été construit pour le film, les paysages choisis étant proches de ceux du Soudan. Ce n’est malheureusement pas demain qu’on tournera au Soudan avec une production et une équipe technique soudanaises.
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| La grande-mère et sa petite fille (Mihad Murtada) |
« Cotton Queen », c’est la grand-mère au visage et aux mains recouvertes de cicatrices, au passé quelque peu nébuleux, et qui prend soin de sa petite fille en lui faisant boire quelque décoction pour la maintenir en bonne santé, ou pour autre chose… Mais le personnage pivot du film, c’est la petite fille, Nafisa, interprétée par l’excellente Mihad Murtada, laquelle avec ses amies du village, chante, rit, se baigne, et ramasse le coton dans les champs. Mais voilà l’arrivée d’un affairiste, lequel investit le vieux château, et désire planter du coton génétiquement modifié à perte de vue dans les champs des villageois.
La situation se complique quand Nafisa comprend que sa grand-mère veut la marier avec un vieil homme qui n’en a plus pour longtemps à vivre, et que ses parents veulent l’offrir à l’affairiste, pour affaires dira-t-on. On ne révèlera rien de la conclusion, mais Nafisa affirmera avec force, sa volonté de décider seule de son avenir.
Film écologique et féministe s’il en est, empruntant à la magie, au merveilleux, poétique (Nafisa écrit des poèmes) où la religion est absente (tant mieux), les hommes transparents, et où les femmes affirment un caractère fort.






