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| Denis Lavant à gauche et Ava Baya en rouge |
Le Théâtre National de la Colline programmait en cette fin de saison, une création du dramaturge et metteur en scène, Lazare, consacrée à des figures historiques, « souvent figées, simplifiées, héroïsées ou disqualifiées », nous dit-il. Un triptyque est annoncé, « l’Avenir des Reflets » en est le premier volet.
Lazare nous plonge dans ce premier volet, au sein de la
révolution Française, du moins les premières années, mais avec quelques
divagations et disgressions de son imagination. Avec un peu plus de 80
personnages (difficile de tous les identifier), Lazare place néanmoins au
centre de sa création, un homme et une femme bien connues, enfin pour celles et
ceux qui s’intéressent à l’histoire de France, ce qui devait être le cas de
l’ensemble du public, Jean-Paul Marat, journaliste à « l’Ami du
peuple », ce qui permettra quelques disgressions concernant un
milliardaire d’aujourd’hui, et Olympe de Gouges, là aussi les discours
féministes auront droit de cité, et pas qu’un peu s’il vous plaît.
Il y aura à boire et à manger, comme on dit. Au chapitre
satisfaction, une direction d’acteurs impeccable, mise en scène, décors,
musiques (violoncelle, piano, basse et batterie) et chants (car on y chante)
sont à l’avenant. Une formidable équipe de huit artistes sur le plateau,
paritaire soulignons-le, avec en tête de gondole, Denis Lavant
évidemment dans le rôle de Marat, mais pas que, virevoltant, éblouissant, dans
un registre qu’il affectionne. Côté féminin, il faut citer une jeune
comédienne, chanteuse (voix d’or), danseuse, elle-aussi éblouissante sur la
scène : Ava Baya dans le rôle d’Olympe.
Cependant, on me permettra deux ou trois objections :
d’une part, les trois heures dix recèlent indiscutablement des longueurs,
passages où l’intérêt du spectateur s’estompe. Plusieurs coupes s’avèreraient, semble-t-il,
nécessaires pour insuffler un peu plus de vivacité, même si l’ensemble n’en
manque pas.
Le plus problématique, mais je conçois que les avis peuvent diverger
à ce sujet : le côté satirique, voire clownesque de l’ensemble, avec ses
remarques d’une bonne lourdeur, est-il le bienvenu ici ? Je pense par
exemple à la fuite du roi à Varennes, son interception et surtout le cheval
traînant le carrosse. Cela peut faire sourire, voire rire, mais empêche toute
profondeur d’analyse. Mais s’il s’agit du style « lazaréen », alors…
Les réserves formulées, les « reflets » de
l’époque révolutionnaire vus par Lazare sur la période actuelle, apparaissent
d’une cruelle réalité : sur quoi débouchera la crise sociale, politique,
économique, sous tous ses aspects, les reflets révolutionnaires de la fin du 18ème
siècle peuvent-ils prédire notre avenir ? Réponse dans un siècle…






