Aurélie Plaut et Bénédicte Vrignault, de la Compagnie « Je est un autre », basée dans le Montargois, ont imaginé l’adaptation au théâtre du texte de Titiou Lecocq, « Les Grandes Oubliées. Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes », qu’elles viennent de créer dans le cadre des Festiv’elles, dans la salle de l’Unisson à Saint Jean de la Ruelle, près d’Orléans.
Aurélie
Plaut, la Directrice artistique de la Compagnie, s’est attelée à la
tâche : comment retranscrire 300 pages en 80 minutes. Il fallait couper
savamment, garder l’essentiel, sans dénaturer le roman de Titiou Lecocq paru à ce jour en 3 versions : adultes, enfants
et BD. L’adaptation du roman donne néanmoins au public, une impression de
vertige devant la somme considérable de travail qui a nécessité son écriture,
tant le nombre de femmes invisibilisées, mais néanmoins présentes dans
l’histoire, qu’elles soient reines, militantes, scientifiques, écrivaines ou
poétesses, est considérable.
Et Titiou Lecocq a
balayé toute l’histoire de l’espèce humaine, du Paléolithique jusqu’au 20ème
siècle, Aurélie Plaut ayant choisi
de ne pas traiter le 21ème, celui-ci étant plus que tout l’objet de
nombreuses études sur le féminisme.
Adapter un tel objet d’études relevait de l’exploit, tant une
conférence se devait de passionner l’auditoire. Toutes deux nous captivent en
nous parlant du statut de ces femmes, qui n’ont pas toujours été confinées aux
tâches ménagères, ou à celles de la représentation. Où l’on découvre que
pendant la Préhistoire, les femmes n’étaient pas celles qu’on pourrait imaginer,
mais où elles avaient un vrai rôle dans la société. Au final, on se dit que le
19ème siècle aura été celui où la femme aura vu ses droits niés avec
le plus de force, le code civil napoléonien en donnant un terrible exemple.
Exhibant de petits cartons représentant qui une femme, qui un mot,
une date, Bénédicte et Aurélie les fixent devant elle au fur et à mesure où les
siècles défilent, réalisant une jolie frise, laquelle au final constituera
l’histoire des femmes oubliées.
Mais tout cela ne suffisait pas : en fond de scène, grâce à
un ingénieux système, les deux artistes manipulent et animent de petites
marionnettes, sortes de poupées Barbie, leur donnent la parole, chaque saynète
étant projetée sur grand écran. Il y a là « Achille et son amie d’enfance qui affirme sa liberté de femme », Pierre de Ronsard et son
célèbre sonnet « Mignonne, allons voir si la rose... », « Napoléon
et Joséphine l’impératrice », et bien d’autres. Merveille d’inventivité,
d’ingéniosité, due à Ryan d’Achille et
la musique à Eric Amrofel.
Alors que des projets sur les scènes de théâtre fleurissent en dénonçant
les violences faites aux femmes, n’est-il pas plus positif de célébrer, au
moment de la journée des femmes, le 8 mars, celles qu’on a invisibilisées au
long des siècles ? Magistrale et lumineuse conférence théâtrale à découvrir et savourer
avec délicatesse, pour scolaires et adultes, des deux sexes évidemment !







