dimanche 12 avril 2026

Immixtion au sein de la grande bourgeoisie


Adapté du roman d’Hélène Lenoir, « son Nom d’avant », le second long métrage de David Roux, « La femme de » explore le milieu de la bourgeoisie réactionnaire, catholique et pleine de fric. L’épouse du patriarche, lequel ne se déplace plus qu’en fauteuil, vient de mourir. Voici la famille réunie pour les obsèques. Antoine est le chef et projette de s’installer dans la demeure familiale, joli manoir angevin, avec son épouse Marianne qui n’a pas son mot à dire, et leurs deux enfants. La sœur d’Antoine, Lili, célibataire, est la seule à tenir tête à son frère, lequel finira par la mettre à la porte.  Une fois installé au manoir, au grand désespoir de Marianne qui devient en quelque sorte, la bonne chargée de veiller sur le grand-père, s’occuper de la cuisine, des enfants et tutti quanti, le chef règne en maître.

Au fur et à mesure, on apprend que tout n’est pas rose dans cette famille. Marianne, délaissée par son mari, couche parfois avec son beau-frère, lequel pourrait bien être le père du jeune garçon. Quand survient un photographe qui a connu Marianne autrefois, avant qu’elle ne rencontre Antoine et pénètre, issue d’une famille pauvre, au sein de ce milieu de la haute bourgeoisie.

Mélanie Thierry interprète une Marianne toute en retenue, ballotée entre ses enfants, son mari l’ignorant, le beau-frère qui rêve de coucher avec elle, le photographe au rôle ambigu, et le reste de la famille. On la sent prête à exploser, filmée de très près par la caméra à l’épaule, mais se contrôlant plus que de raison afin de protéger sa progéniture. Par petites touches, on la sent s’approcher du moment de rupture. Elle est accompagnée par un excellent Eric Caravaca dans le rôle d’Antoine, le mari, le chef aux propos incendiaires pour qui lui résiste.

Cependant, et là réside le problème, sans avoir lu le roman d’Hélène Lenoir, on ne peut qu’être gêné par le côté caricatural de cette famille, aux répliques déclenchant parfois les rires, propos venant d’un monde hors sol. On ne trouvera pas en son sein, le moindre personnage qui ne soit pas imbu de la pseudo supériorité de sa classe sociale, même les deux enfants semblant déjà contaminés.

Ceci étant dit, le film de David Roux risque fort de remplir les salles obscures, on ne s’en plaindra pas, tant l’interprétation que donne Mélanie Thierry à son personnage se situe au sommet. Rien que pour elle, il faut aller découvrir ce qu’est une femme de

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