Le sud-coréen Park Chan-Wook propose en ce mois de février 2026, son dernier long métrage, « Aucun autre choix », sorte de comédie parsemée de scènes d’horreurs contrebalancées par un humour un peu british. Difficile donc de le classer dans une catégorie cinématographique, tant son film embrasse toute la panoplie des sentiments.
On se souvient de l’admirable « Mademoiselle » du réalisateur, sorti en 2016, jeune femme avec
ses secrets, engagée comme servante dans un manoir.
Son dernier film nous parle du chômage qui frappe un père de
famille, viré de son entreprise. Nanti d’un confortable salaire, il se retrouve
du jour au lendemain sans revenus : le couple, deux enfants, on apprendra
que le garçon, ado, est d’un père différent, la petite fille apprend le violoncelle,
la mère, comme il se doit, a quitté son emploi et joue au tennis. Il faut alors
se séparer des deux chiens, vendre la maison et tout ce qu’elle contient,
résilier abonnements, vendre les deux belles et grandes voitures pour les
remplacer par deux plus petites, et ainsi de suite.
Que faire alors pour retrouver un emploi dans l’industrie du
papier, seul secteur qu’il connaît ? Comme ils sont plusieurs à postuler
pour un emploi, il va donc occire ses concurrents afin de rester seul en lice
pour le poste de manager. Dont acte !
La première partie du film est sans aucun doute la moins
intéressante, provoquant quelque peu l’ennui. Mais lorsqu’il met ses envies de
meurtre à exécution, le film offre des moments extraordinaires, par les
couleurs passant du mordoré (on est en automne), à d’autres beaucoup plus
vives, par le jeu fabuleux des acteurs et actrices dirigées d’une main de
maître par Park, et surtout par le
scénario : on pense alors à une scène qui pourrait devenir culte
lorsqu’introduit dans la maison de son concurrent qu’il s’apprête à tuer,
l’épouse survient derrière lui. Ainsi que cette image certes brève, qui montre
l’intérieur d’une pinte de bière en train d’être bue. Du très grand
cinéma !
Le final qu’on ne dévoilera pas, est d’une indécence, d’une
immoralité absolue, telle la société capitaliste. C’est du Park Chan-Wook, lequel rend hommage à Costa-Gavras, tous deux ayant
adapté le roman de Donald Westlake,
« le Couperet ». Un dernier mot sur le titre, « Aucun autre choix », expression répétée souvent tout au long du
film, peut être compris comme le refus des défenseurs du système capitaliste d’imaginer
et d’accepter l’idée d’une autre économie mondiale, d’une société socialiste
qui permettrait à chacun de vivre selon son travail.

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