On apprend le décès, le 7 février dernier, de Gilles Ostrowsky, terrassé par une maladie neuro-dégénérative. Il était passé par le CDN d'Orléans en mai 2023, avec son dernier spectacle, « Voyage en Ataxie ». J'avais écrit ceci.
Gilles Ostrowsky est un acteur-clown, atteint d’une ataxie, maladie neuro-dégénérative. Sur le plateau, il en joue, s’en moque, ironise dans un spectacle flamboyant, plein d’humour, où la danse, les chansons, les pitreries alternent avec le discours médical.
Sur la scène, quantité de matelas, sûrement censés
représenter l’équilibre instable dont souffre l’acteur, et ses problèmes
d’élocution, consécutifs à ce syndrome cérébelleux (nom scientifique) ou MSA,
soit atrophie multi-systématisée, qu’on a fini par lui diagnostiquer.
Gilles à droite - Photo Alain Monot
Sauf que l’acteur-clown ne joue plus, il se tient derrière un ordinateur et assiste impuissant, quoiqu’en ajoutant du rire à foison, aux pitreries des deux comédiens, Thomas Blanchard, censé être le personnage de Gilles, et Grégoire Oestermann (acteur monumental formé notamment par Marcel Bluwal et Antoine Vitez), Gilles Ostrowsky, enfin Thomas Blanchard, nous énumère les différentes personnes qu’il a consultées : d’abord le médecin traitant, puis le neurochirurgien, en passant par la psychiatre, le guérisseur le marabout, et autres charlatans. Mais toujours avec un humour dévastateur, aidé en cela par son compagnon de scène. C’est très fort.
Question charlatanerie, on pense forcément à tous ceux et celles qui ont proposé leurs remèdes miracles, contre le Covid. Un instant, on voit Charlot sur scène, puis les deux interprètent « Gabrielle » affublés de masques de Johnny Hallyday, les matelas virevoltent. Le désordre sur le plateau incarne celui des neurones de Gilles, que l’on nous projettera sur écran, Du grand art.
La mise en scène est assurée par la comédienne Sophie Cusset, partenaire historique de Gilles Ostrowsky, pour un spectacle programmé à trois reprises au CDN d’Orléans, dans la salle Vitez, toujours remplie de jeunes et de moins jeunes. Au CDN, on croise toutes les générations. Longs applaudissements au final.
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