Le CDN d’Orléans propose en ce début février, « la Caverne », sur une idée de sa Directrice, Emilie Rousset, ensemble de spectacles, conférences, ateliers, expositions, le tout dans les murs du théâtre, du 2 au 8 février, sans oublier la fête le 5 avec DJ (c’est la mode).
« Voir clair avec Monique Wittig », voilà un
titre de spectacle peu engageant, surtout quand on n’a jamais entendu parler de
cette femme, féministe française, née en 1935, militante dans les années 1968
et suivantes, une des fondatrices du MLF (Mouvement de Libération des femmes), mais
aussi lesbienne, ce qui était particulièrement mal vu par le monde féministe en
cette époque et qui l’a poussée à partir vivre aux USA où elle est décédée en 2003.
Pourtant, la salle Vitez du théâtre était pleine ! Sans
doute, en raison de la présence sur le plateau d’Adèle Haenel, la militante, femme de théâtre, actrice au cinéma
(« Les Combattants » en
2014 et surtout « 120 battements par
minute » en 2017), célèbre pour son « on se casse » lors des Molières en 2020.
Elles sont deux sur le plateau : avec elle, Caro Géryl, musicienne accompagnatrice aux percussions, créant des sons à la demande, un loup, une chouette, un chien, un train qui passe au loin, car toutes deux sont en pleine forêt autour d’un feu de bois, au milieu des feuilles mortes.
Adèle accroupie nous parle de Monique, autopsiant
l’hétérosexualité, dénonçant la suprématie des mâles, la lutte des classes et
l’analyse marxiste affleurant dans le discours, pensée philosophique radicale que
Monique désigne sous l’appellation « pensée
straight ». Faisant preuve de beaucoup de pédagogie, vérifiant parfois
que le public suit son raisonnement, glissant quelques touches d’humour, elle
fait revivre Monique Wittig à travers ses écrits. Il fallait oser placer sur
une scène de théâtre une pensée philosophique aussi pointue, considérant le
lesbianisme comme unique solution face au patriarcat.
On adhère beaucoup, un peu ou pas du tout, peu importe. Standing
ovation au final, surtout pour Adèle et sa compagne Caro, sans doute un petit
peu moins pour Monique Wittig.
PS : dans l’atelier du CDN, une création de Nadia Lauro, plasticienne (voir photo).


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