jeudi 15 janvier 2026

Un Dindon à la mode Feydeau, version queer

Le 2ème acte dans l'hôtel
Le CDN d’Orléans programmait une des pièces les plus célèbres de Georges Feydeau, l’auteur des pièces de boulevard du 19ème, à savoir « le Dindon », écrit et créé en 1896, soit deux ans près « l’Hôtel de libre-échange », deux pièces qui se ressemblent par maints côtés, couples qui se cocufient et qui se retrouvent toutes et tous dans une sorte d’hôtel de passe. Si « l’Hôtel du libre-échange » a été récemment mis en scène par Stanislas Nordey, présenté à l’Odéon en juin 2025 avec un très grand succès, « Le Dindon » est créé par Aurore Fattier, Directrice du CDN de Caen.

On ne va pas tout raconter. Trois couples et un célibataire occupent le terrain, la scène quoi ! Les Vatelin, Les Pontagnac, les Soldignac venus de Londres, et Rédillon. Si les hommes tentent de coucher avec les épouses des autres, enfin surtout Lucienne Vatelin convoitée par Pontagnac et Rédillon, les femmes résistent, enfin pas tout à fait. Les gags s’enchaînent, d’autant qu’Aurore Fattier a choisi un cadre queer où certains rôles de femmes sont tenus par des acteurs, où un homme quasi nu ouvre le spectacle sur le plateau, se dandinant et glougloutant.

Excellente prestation de la dizaine d’acteurs et actrices : notons tout particulièrement la prestation haut de gamme de Vanessa Fonte dans le rôle de Lucienne, Maxence Tual dans celui de Pontagnac, Vincent Lécuyer en mari de Lucienne, et la drag queen belge Peggy Lee Cooper.

Et pourtant, au bout des deux heures trente, la pièce n’a pas réussi à emballer le spectateur que je suis, contrairement à « l’Hôtel du libre-échange », six mois auparavant. On ne s’ennuie pas certes, mais les raisons m’échappent. Pourtant, les comédiens n’en sont pas responsables, ni les décors, ni la mise en scène où quantités de trouvailles sortent la pièce du « boulevard » habituel, ni la direction d’acteurs au cordeau comme on dit. Mystère ! la longueur de la pièce peut-être… Le 3ème acte dans le fumoir de Rédillon, me paraît vraiment en retrait des deux autres, Feydeau aurait-il abusé de la bouteille ? Les applaudissements furent nourris, mais sans plus.

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