Jim Jarmusch est un des plus grands cinéastes US, indépendant des grandes firmes cinématographiques de son pays, et qui nous enchante lors de chaque création, depuis pas mal d’années. On se souvient de « Mystery Train » en 1991, dans un hommage à Elvis Presley, « The dead don't die » en 2019, histoire fabuleuse de zombies, « Only lovers left alive » en 2014 au pays des vampires, « Down by law » sorti en 1986 quand deux loubards rencontrent Benigni dans une cellule, « Stranger the paradise » en 1984, « Paterson » sorti en 2016 et conducteur de bus chaque jour de la semaine, enfin « Night on earth » sorti en 1991 livrant cinq histoires différentes.
Vient de sortir sur les écrans, « Father, Mother, Sister, Brother », traduction
inutile. Comme dans « Night on earth »,
le film présente trois histoires, un triptyque, toutes indépendantes les unes
des autres, quoique, d’une part, on retrouve quelques éléments communs telle la
présence d’amateurs de skateboard filmés au ralenti, ou de l’allusion à
« l’oncle Robert », çà et là, et d’autre part, Jarmusch traite de la famille, sujet qui peut ouvrir de multiples
pistes et le réalisateur ne s’en prive pas.
1)
New-Jersey :
Un frère et une sœur, adultes, se rendent en visite chez leur père, âgé, vivant
auprès d’un lac, seul au milieu de nulle part. Bavardage, on trinque à l’eau
d’où s’en suit quelque disgression sur l’écologie, on s’inquiète de la santé du
père, le fils lui donne quelque argent en le quittant. Une surprise attend le
spectateur au final, le père n’étant pas celui que ses enfants croient.
2)
Dublin :
Deux sœurs se rendant séparément chez leur mère. On déguste quelques gâteaux,
le thé évidemment. Si la sœur aînée apparaît quelque peu conservatrice, la
seconde est bien plus moderne, portable en main, cachant une partie de sa vie à
sa famille.
3)
Paris :
Un frère et une sœur, jumeau et jumelle, nés aux USA, viennent une dernière
fois visiter l’appartement vide où la famille a vécu. On apprend que les
parents sont morts, sans doute dans un accident d’avion. Le frère exhume des
photos anciennes, des cartes d’identité, un acte de mariage qu’il soupçonne
falsifié. Souvenirs d’enfance. Jarmusch,
qui souhaiterait acquérir la nationalité française (on se doute pourquoi) nous
fait visiter le Paris populaire, ses petites rues, ses commerces.
Lion d’Or à la Mostra
de Venise en 2025, voilà un film calme, reposant, sans coups de gueule,
sans violences, sans scènes de sexe, mais trois familles qui s’entendent à
merveille, même si des sous-entendus, des cachotteries, des faux fuyants
émergent par ci, par là. Une équipe d’acteurs remarquables, qui savent par une
mimique exprimer un sentiment : on citera Adam Driver (le fils du 1), Charlotte
Rampling (la mère du 2), Cate
Blanchett (la 2ème fille du 2) et les autres, tous et toutes excellents,
dont Françoise Lebrun (la concierge
du 3).
C’est du Jarmusch, où sans appuyer, tout en douceur, en
intimité, le cinéaste creuse les relations familiales. Le 3ème volet
parisien recèle une grandeur d’âme.
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