Une fable ouvre le film et le referme : un roi viking dont le fils a perdu un bras, par souci d’égalité entre tous, décide que tous ses sujets, et lui-même, auront le bras coupé ; il en sera de même d’un pied ; au final, l’un perdant la tête, toutes et tous auront la tête tranchée, lui en dernier. La fin du monde, que le réchauffement climatique annonce, aura bien lieu, mais pour d’autres raisons.
Anker vient de commettre un braquage avec complices. Lui seul est arrêté par la police et prend 15 ans. A la sortie, l’un d’eux l’attend afin de récupérer le sac bourré de fric qu’Anker avait mis en sûreté auprès de son frère Manfred. Le problème, c’est que ce dernier est atteint d’un « trouble dissociatif de l’identité », se faisant appeler John comme Lennon. Tous deux se réfugient dans l’ancienne maison familiale, en pleine forêt, où ils retrouvent un couple, lequel ne va pas bien, et où débarquent trois autres échappés d’hôpital psy, l’un se prenant pour Ringo, un autre pour George ou Paul, selon les cas. Le fameux groupe de rock va ainsi pouvoir être reconstitué. Tous cela finira dans le sang quand le gangster débarquera.
Le mélange des genres, spécialité de Anders Thomas Jensen, fable + thriller + psychiatrie, associés à une bonne dose d’humour et de cascades (il faut voir Mads Mikkelsen se jeter hors d’une automobile en pleine vitesse- le trucage faisant le reste), fait de ce film de deux heures, un chef d’œuvre, ponctué par les paysages splendides des forêts suédoises.

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