samedi 17 mars 2018

La vie est au théâtre...

Leïla Anis dans "les Monstrueuses"
Deux pièces nous étaient présentées cette semaine, dans les théâtres de la banlieue orléanaise. Un régal !

La place de la femme dans la société, son rôle de mère au sein du foyer, sont des thèmes de réflexion qui ne sauraient laisser indifférents, notamment par les temps actuels. Le théâtre évidemment ne peut faire exception, je dirais même qu’il est le lieu premier du débat. Le théâtre de la Tête Noire de Saran proposait « Les Monstrueuses », texte de Leïla Anis, laquelle est aussi sur la scène durant une heure dix, assurant une performance de haut niveau, quasiment seule (ou presque) sur le plateau.

Au début, on a quelque mal à saisir où l’actrice veut nous emmener, puis rapidement on comprend. Une jeune femme se rend dans un laboratoire d’analyses médicales, soupçonnant le début d’une grossesse souhaitée. Au sortir, elle s’évanouit, sans doute sous le choc de la nouvelle, et se retrouve quelques jours plus tard à l’hôpital. Entre temps, elle nous fait parcourir presque un siècle en nous parlant de sa mère, de ses grands-mères, et au-delà, françaises et yéménites. Deux cultures, deux peuples, des traditions diverses, mais une même problématique, celle de la place de la mère dans des sociétés patriarcales où l’homme est le chef. On parle accouchement, IVG, divorce, séparation d’avec l’enfant, amnésie… Un beau texte, et une puissante interprétation d’une actrice/auteure qu’on découvre. Beaucoup de jeunes dans la salle : bonne nouvelle !
Assoiffés
Wajdi Mouawad, actuellement Directeur du théâtre National de la Colline, a écrit en 2007, un texte d’une puissance incroyable, entièrement métaphorique : « Assoiffés ». Soit une adolescente prénommée Norvège, qui ne parle plus, enfermée dans sa chambre, et qui ne veut en sortir malgré les efforts des parents. Survient un prof qui connaît la fille, à moins qu’il ne soit anthropologue funéraire, car on a retrouvé au fond d’une rivière les cadavres d’un jeune homme enlaçant une jeune fille, dont on apprendra qu’elle est Norvège. Vous suivez ? Il y a aussi un jeune québécois qui parle beaucoup dans le bus qu’il prend chaque jour et qui s’avèrera être celui qu’on a retrouvé au fond de la rivière. J’arrête là, parce que c’est encore plus compliqué. Mouawad explore l’adolescence, ses envies, ses peurs, les relations au sein d’une fratrie, les rapports fille/parents, la puberté… Et puis, il y a toutes ces métaphores dont il serait vain d’en dresser la liste exhaustive.

Au théâtre Clin d’œil, la compagnie « le Bruit de la rouille » présentait « Assoiffés ». Mise en scène, impeccable avec trois acteurs superbes, et notamment Alexandre Streicher, lequel en usant et en abusant de son accent québécois au plus grand plaisir du public, réalise un numéro exceptionnel. Du grand art chez cet artiste !

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