vendredi 20 juillet 2018

Hamlet en filigrane dans un huis clos téléphonique

Le cinéma danois, s’il n’est pas très prolifique, peut faire parler de lui en bien ou en mal avec Lars Von Trier, remporter une double Palme d’or à Cannes avec Bille August, ou carrément présenter un chef d’œuvre avec Carl Dreyer (pensons à la passion de Jeanne d’Arc qui date néanmoins de 1928). Aujourd’hui, Gustav Möller présente « The Guilty », le coupable. Premier long métrage pour ce réalisateur danois, et premier coup de maître.

Un policier dont on comprendra plus tard quel lourd secret il porte, se retrouve à gérer les appels téléphoniques au 112, à savoir les demandes de secours, qui peuvent parfois provenir de personnes en grande détresse, mais aussi de plaisantins. Survient un appel d’une femme qui se dit kidnappée et transportée en voiture par son ravisseur. Bien qu’il contacte la police de la route afin d’intercepter le véhicule, il va établir et maintenir le contact téléphonique avec le ravisseur, la femme kidnappée et la petite fille de cette femme, et ainsi comprendre le drame qui se joue.

Gustav Möller nous offre un huis clos parfait puisque la caméra ne quitte pas un instant cet homme, devant son écran d’ordinateur et jonglant avec les téléphones. Seuls, ses collègues apparaissent dans le champ de la caméra. Oser un tel scénario et le réussir au plus haut point relève de l’art cinématographique. La caméra à l’épaule scrute le policier, son visage, marquant des pauses durant lesquelles on le suppose s’interrogeant sur lui-même, s’attardant à plusieurs reprises sur une main munie d’un pansement – mais qu’a donc fait cette main, s’interroge le spectateur ? Quant à la prestation de Jakob Cedergren, sur l’écran pendant près d’une heure et demie, elle relève de la haute précision, tant chaque détail de son visage illustre parfaitement ses problèmes de conscience.

N’aimant pas le mot thriller, je ne l’emploierai pas. Mais long métrage policier où les relations humaines sont secouées au travers des communications téléphoniques dans un exercice digne de la haute couture.

Ah, j’oubliais ! Gustav Mölleren situant un hôpital psychiatrique à Elseneur, dresse un parallèle avec l’interrogation d’Hamlet : faut-il dire la vérité, ou recourir à la corruption pour la taire ? Dilemme du policier.

jeudi 19 juillet 2018

Un roman, une comédie, du cirque et un drame

« Pas pleurer », tel est le roman de Lydie Salvayre, Prix Goncourt 2014, où l’auteure donne la parole à sa mère alors âgée de 90 ans qui raconte l’été 1936 en Catalogne quand l’espoir d’un monde meilleur apparut, et à Georges Bernanos, présent lors des massacres bénis par le clergé espagnol auxquels se livrèrent les troupes franquistes, et que l’écrivain catholique dénonça souvent seul.
Le Théâtre des Doms en Avignon programme des spectacles qui nous viennent de Wallonie. Marie-Aurore d’Awans nous restitue de roman de Lydie Salvayre avec une force peu commune, roman qu’elle s’est totalement appropriée et qu’elle vit intérieurement. A la guitare électrique, Malena Sardi donne une option rock au spectacle. Ce jeudi, Lydie Salvayre était présente dans la salle.

Faust, tout le monde en a entendu parler. Voilà un savant désoeuvré qui tombe sous la coupe de Satan, le diable quoi… lequel jette une jeune fille, très chrétienne dans les bras de Faust. Elle en mourra. Mise en scène exceptionnelle où la musique rock en direct (on aperçoit le musicien au sommet du décor) et la vidéo composée de faisceaux de lumières, accompagnent les trois acteurs. La compagnie Collectif 8, basée à Antibes, réalise un spectacle de très haute qualité.

Au théâtre des Halles, on joue « Bienvenue en Corée du Nord ». Voilà quatre clowns, 3 filles et un garçons, lesquels sont parvenus à passer une semaine dans ce pays , et nous rapportent ce qu’ils ont vu, appris, découvert, par le rire, l’humour décalé, la multiplicité des gags. C’est totalement jouissif. Les quatre changent de costume, mais gardent toujours leur nez rouge. C’est très fort, surtout qu’ils ont rapporté un missile qui risque à tout moment d’exploser !

Dernier spectacle de ma semaine : « le Songe d’une nuit d’été » d’après Shakespeare. Ici, le groupe de théâtreux amateurs de la pièce est remplacé par trois musiciens qui jouent Purcell en direct avec violon, violoncelle et guitare, Obéron et Titania, les dieux, interprétant les airs lyriques. Costumes magnifiques, acteurs et chanteurs haut de gamme, tout concourt à faire de ce Songe, un spectacle exceptionnel.

vendredi 13 juillet 2018

Une Iphigénie très convenable, mais sans risque !

Photo Raynaud de Lage
Décidément, le Festival 2018 parle souvent des enfants que les adultes envoient à la mort. C’était le cas avec « Thyeste » de Sénèque, voici « Iphigénie » de Racine, au Cloître des Carmes dans une mise en scène de Chloé Dabert, bientôt Directrice du CDN de Reims. Pièces on ne peut plus actuelles, tant les morts d’enfants font l’actualité, noyés en Méditerranée ou devenus des bombes humaines en Afrique.

Iphigénie raconte un épisode en amont de la guerre de Troie : les Grecs sont depuis plusieurs mois bloqués au port par manque de vent. Un devin, parlant au nom d’un dieu (il y en d’autres aujourd’hui qui ne valent pas mieux) annonce à Agamemnon, descendant des Atrides, qu’il doit mettre à mort sa propre fille sur l’autel, afin que les vents veuillent bien souffler dans la bonne direction. Ce que, après maintes hésitations, il se décide à faire, au grand dam de son épouse et mère, Clytemnestre, et d’Achille son soupirant. Le lien avec « Thyeste » est ainsi fait : la prophétie annoncée se réalise. D’ailleurs, Clytemnestre, au comble de la fureur, déclare à son mari, qu’après avoir égorgé leur fille, il ne lui restera plus qu’à la lui donner en festin.

Racine s’est inspirée de la pièce d’Euripide, sauf que la fin est différente. Si Euripide substitue à Iphigénie une biche au moment du sacrifice, Racine envoie Eriphile, jeune captive et amoureuse éconduite d’Achille, à la mort, en lieu et place d’Iphigénie. On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé Racine à un tel choix, celui de la mort d’une jeune femme en conclusion de sa pièce, sans doute pour forcer le tragique final. Quant aux alexandrins, ils sont un vrai délice à entendre, souvent on en devine la chute. Il semblerait qu’on les écoute chaque jour tant ils nous sont familiers !

Côtés acteurs, Yann Boudaud  est un Agamemnon royal, terrifié à l’idée de sacrifier sa propre fille, hésitant, aimant, mais faible devant les dieux. Sa parfaite diction est un chef d’œuvre dans le genre, ses pauses, sa respiration, parfois en milieu d’alexandrin, en disent long sur le travail en amont qui a été effectué afin de rendre audible dans le cloître, et sans micro (ouf !) les vers de Racine. Servane Ducorps est une Clytemnestre tout aussi royale, qui ne capitule jamais devant les décisions des hommes : sa fureur lors des deux derniers actes illustre toute sa volonté de femme. Victoire Du Bois est une Iphigénie volontaire face à la mort annoncée pour raison d’état. Les compagnons de scène sont à l’unisson du couple : une bien belle équipe d’acteurs.

Parlons enfin de la mise en scène de Chloé Dabert, sans grand risque, mais néanmoins tout à fait convenable, et très comme il faut pour ne pas apeurer le bourgeois avignonnais (1). Tout au plus s’est-elle permis à la toute fin de faire revenir le spectre d’Eriphile sur le plateau.  On est loin des mises en scène tonitruantes qu’on a pu voir dans le cloître certaines années. Quant au décor, un mirador à plusieurs étages côté cour permet aux uns et aux autres de prendre de la hauteur sur un des chefs d’œuvre de Monsieur Racine.

(1)    Certains avignonnais (plutôt âgés) paient des places à 30 € pour passer une demi-heure, voire une heure tout au plus, et quitter les lieux ensuite, comme devant sa télé où l’on zappe, où l’on commente, pour aller voir ailleurs. On constate d’ailleurs le même phénomène dans les multiplexes de la part de quelques jeunes cette fois-ci. Etrange comportement dans la société actuelle consumériste !

jeudi 12 juillet 2018

Des clowns, une Mouette, un Cercle et une Putain

Lodka, vous connaissez ? Sans doute pas. Mais si je vous parle de la famille Semianyki, vous pensez aussitôt aux fameux clowns russes. Ce sont bien eux en effet avec leur tout nouveau spectacle.
Ils nous parlent de théâtre. Il y a le directeur et metteur en scène, le petit-gros, au langage extraordinaire, il faut l’avoir entendu. Il y a aussi les deux actrices attachées à la troupe, aussi différentes l’une de l’autre qu’un éléphant et une puce. Puis l’acteur Superman à qui on donne un texte bien long à apprendre. Sans oublier l’auteure (ou autrice au choix) qui tape les textes sur une vieille machine à écrire et je ne vous parle pas du bruit de cette machine. Enfin, le gardien des locaux, bien âgé, et qui a la faculté de se dédoubler.
C’est d’un humour ravageur, les saynètes étant réglées jusqu’au moindre détail. Quel travail élaboré, et quels clowns

Une petite Mouette de Tchekhov par la compagnie de Philippe Person dont j’avais apprécié récemment « une Maison de poupée » d’Ibsen. C’est du bon travail d’acteur, mais sans surprise notable. Toujours bon de se replonger dans Tchekhov.

Le Cercle de craie, on connaît la version de Brecht qui se déroule dans le Caucase. Mais ici, on est en Chine, il y a fort longtemps. Une toute jeune fille est vendue à une maison de thé, on se doute pourquoi. Puis revendue au Gouverneur dont elle finit par tomber amoureuse après avoir eu un enfant de lui. Sauf qu’il y a une première épouse, laquelle empoisonne le Gouverneur et accuse la petite jeune d’être responsable de la mort de ce dernier. Et comme elle veut lui chiper son enfant, on va tout droit vers le jugement du Cercle chinois. Surtout que survient un joli Prince.

Ils sont cinq sur scène avec la Compagnie l’Eternel Eté. Théâtre et Danse se complètent et se mêlent en un spectacle hallucinant. Comment définir la danse ? Elle ne correspond à rien de connu, sans doute héritée du ballet chinois, mais pas seulement. Les cinq danseurs font preuve d’une énergie débordante, peut-être un peu trop. Une découverte formidable !

Je ne peux terminer la soirée sans dire quelques mots de « la Putain respectueuse » mise en scène par Gérard Gelas, un des plus anciens du OFF d’Avignon puisque son tout premier spectacle, en 1968 fut interdit par le Préfet, et lui-même arrêté par la gendarmerie. La pièce de Sartre est toujours un succès, (les choses ont-elles vraiment changé là-bas ?) surtout lorsqu’on réunit un collectif de bons acteurs (Flavie Edel-Jaume dans le rôle titre) sur une mise en scène, certes assez classique, mais de bon aloi.

mercredi 11 juillet 2018

Gluck et Boulgakov ne se valent pas !

Gluck était à mon programme en cette matinée de mardi toujours chaude. Christoph Gluck, compositeur allemand du 18ème, a sillonné l’Europe occidentale, et est passé longuement par Paris où il crée entre autres opéras, la version française d’Orphée et Eurydice. Lorsqu’il était Directeur du théâtre français à Vienne, il a créé 12 opéras, dont « le Mariage du Diable ou l’Ivrogne corrigé ». C’est cet opéra chanté en français   la compagnie Carib’Opéra formée de quatre musiciens et cinq acteurs/chanteurs a magnifiquement interprété pour notre plus grand bonheur ! Compagnie qui a la particularité de réunir artistes des Antilles et de la métropole.

Un pianiste, une violoncelliste, une violoniste et un percussionniste ont offert une partition haut de gamme, n’hésitant pas parfois à prêter main forte aux cinq chanteurs, trois  hommes et deux femmes originaires des Antilles pour plusieurs d’entre eux, aux voix harmonieuses.

Il s’agit d’une farce pleine d’humour, qui se termine dans la cave de la maison où le soupirant de la jolie nièce se déguise en diable afin d’obliger le père de la jeune fille à accepter le mariage de sa fille avec, on s’en doute, son chéri. Ajoutons que la mise en scène particulièrement vive est de Julie Timmermann qu’on avait vue à Orléans dans la pièce « Un Démocrate » pour laquelle elle avait assuré le texte, la mise en scène tout en étant sur le plateau. Artiste dont on reparlera tant elle est pétrie de qualité !

C’est le genre de perle qu’on déniche au hasard de la programmation du OFF, quelque chose d’infiniment réjouissant, bien loin des navets à éviter, et on sait à ce sujet où il ne faut pas mettre les pieds.

En soirée, spectacle attendu puisque créé au théâtre de la Tempête de la Cartoucherie de Vincennes récemment, « le Maître et Marguerite » d’après le roman de Boulgakov, joué par la compagnie « Fabriqué à Belleville », c’est son nom, et dans une mise en scène d’Igor Mendjisky.

Roman féérique, voire diabolique puisque le personnage principal est Satan, histoire qui se situe dans la Russie Stalinienne ainsi qu’à l’époque de Ponce Pilate en Palestine, donc roman à peu près injouable au théâtre, dont une version a été donnée dans la Cour d’Honneur il y a une quinzaine d’années.
Autant dire que la mise en scène ne m’a pas convaincu : on ne retrouve pas le côté échevelé du roman, sinon un tempo beaucoup trop lent, un chat quasi inexistant, et un Satan beaucoup plus gentil que celui de Boulgakov. Mise en scène un peu trop légère, j’aurais aimé quelque chose de plus enlevé, côtoyant la démence sur scène. Néanmoins, on retrouve les grandes pages du roman de Boulgakov qui est considéré en Russie comme un monument de la littérature russe du XXème siècle.

mardi 10 juillet 2018

Le théâtre du réel entre en scène

Evènement dans le IN : le dramaturge suisse Milau Rau, Directeur depuis peu du théâtre de Gand en Belgique, présente « la Reprise – Histoire(s) du théâtre (1) », au gymnase du lycée Aubanel.

Milau Rau est un cas à part : refusant la mise en scène des classiques dont il ne voit nul intérêt, comme dans ces adaptations de romans, pourtant très en vogue aujourd’hui, il travaille sur les faits réels qu’il nous envoie au visage comme une gifle. Ayant vu cette saison au CDN d’Orléans l’affaire Dutroux (Five easy peaces), je savais à quoi m’en tenir. Les ingrédients se ressemblent : on pratique le casting sur scène (Milau Rau inclut toujours quelques amateurs parmi sa troupe, quand ce n’est pas la quasi-totalité comme pour Dutroux) ; on filme en direct sur le plateau et on projette sur grand écran, parfois en différé ou en décalé ; la pièce se subdivise en 5 actes ; on utilise plusieurs langues sur scène avec sous titrages. Ces règles, Milau Rau les a listées au nombre de 10 dans le Manifeste de Gand. Enfin, un fait divers, du moins c’est comme cela qu’on les appelle, ou bien un fait politique, voire une guerre, servent de fil conducteur. C’est forcément dur pour le public d’être confronté à la réalité crue sur scène, mais c’est profondément salutaire. Ici, c’est l’assassinat d’un jeune homosexuel en Belgique qui sert de trame, meurtre qu’on voit là sous nos yeux, sans que nous puissions intervenir, dans toute sa cruauté tragique.

J’avoue avoir été légèrement déçu par « la Reprise », sans doute encore sous le choc de l’affaire Dutroux où les enfants étaient les acteurs sur scène. Dans ce cas, la pièce ou les cinq, comme on veut, a représenté pour moi le sommet de l’art dramatique. Ici, on ne pouvait sincèrement pas se hisser à un tel sommet. Mais « la Reprise » est néanmoins un spectacle qui vous remue. Un tonnerre d’applaudissement a salué fort justement les acteurs.

PS : On ne peut éviter le faire le lien entre Thyeste et la Reprise. Ces deux pièces qui parlent des horreurs de l’espèce humaine, l’une il y a quelques milliers d’années, l’autre aujourd’hui, se rejoignent dans un face à face étrange, l’une répondant à l’autre, et interrogeant le public sur la barbarie humaine, laquelle subsiste sans faiblir malgré les siècles. Mais les causes sont fondamentalement toujours les mêmes.

Un magnifique survol sociétal du XXème siècle

La Compagnie Interface que j’avais pu apprécier grandement l’année passée avec « J’ai hâte d’aimer » et la présence de Francis Lalanne, présente cette année dans le cadre du OFF, toujours au théâtre du Balcon , la pièce « Vive la Vie », créée et chorégraphiée par le trio André Pignat, Thomas Laubacher et Géraldine Lonfat. Trio haut de gamme tant le résultat est admirable.

Ceux-là, à priori, n’ont pas besoin de tracter dans les rues avignonnaises : la salle est pleine dès les premiers jours, et donc sans bouche à oreille.

Nous sommes au début du XXème, dans une famille paysanne, laquelle apprend par le fils que l’électricité et l’eau courante arrivent dans le village. Après un moment d’hésitation, le père donne son accord et on décide de ne plus fermer le robinet ou d’appuyer sur l’interrupteur de peur de tout perdre. Quelques années plus tard, le fils épris de progrès, s’en va travailler à l’usine, la terre ne rapportant plus assez : il découvre alors ce qu’est la lutte des classes et l’exploitation des ouvriers par les patrons, au grand dam du père qui ne comprend plus son fils. Bien plus tard, on subira l’occupation, on écoutera les messages sur un  vieux poste TSF. Viendront enfin les ordinateurs, les télévisions, les téléphones portables. On aura traversé quelque chose comme un siècle à travers l’évolution des mœurs. Mais le fils s’interroge : n’est-on pas en train de ruiner notre belle planète ? Le retour à la terre et l’auto-alimentation ne sont-ils pas l’avenir ?

La trame du spectacle est croisée avec une chorégraphie à laquelle participent huit acteurs/actrices, emmenés par une Géraldine Lonfat qui rayonne dans un rôle de directrice de ballet qu’elle semble affectionner, où l’on ne triche pas sur les remarquables portés qui parsèment le spectacle. La musique enregistrée est accompagnée par les airs lyriques interprétés par la mezzo Johanna Rittiner à la voix merveilleuse. Enfin en toile de fond, un jongleur quelque peu évanescent qu’on aurait aimé plus proche du public.
Tonnerre d’applaudissements au final, amplement mérité pour un spectacle sans doute au niveau de maintes créations du IN. Félicitations à la Compagnie Interface.