lundi 4 décembre 2017

Le temps qui passe dans la calanque...

« La Villa » de Robert Guédiguian a pour thème le temps qui passe, tel le TER qui ne cesse de passer et repasser sur le viaduc au-dessus de la calanque de Méjean où a été tourné le long métrage.

Le vieux grand-père qui tient un restaurant dans la calanque est sans doute victime d’un AVC. Cloué inanimé dans un fauteuil, voici ses enfants qui débarquent : tout d’abord, Armand qui n’a jamais voulu quitter son père et qui veut continuer à servir des petits plats pas chers aux touristes : puis Joseph, de droite, donc la blague raciste et antisémite facile, et flanquée d’une petite jeune, enfin Angèle qui n’est pas revenue depuis vingt ans dans la maison familiale. Ajoutons au portrait, deux petits vieux qui résident à côté, leur fils Yvan, médecin, beau comme un prince et friqué, enfin un jeune pêcheur qui en pince depuis son adolescence pour Angèle.

Le temps a déroulé ses ans, vite ! On sent un passé lourd, peut-être des secrets de famille, dans ce paysage de carte postale. Guédiguian tisse en arrière plan, la trame de l’évolution des mentalités, les anciens attachés à une vie basée sur la fraternité, l’aide aux démunis, le respect dû aux ouvriers, alors qu’Yvan espère en créant un laboratoire d’analyses médicales, payer moins d’impôts et de charges.

Mais pourquoi avoir surchargé le scénario, en nous bombardant avec la mort d’un enfant 20 ans auparavant, le suicide d’un vieux couple, deux amours naissants, et pour couronner le tout, l’intrusion d’enfants migrants arrivés par la mer ? On n’en peut plus, nonobstant les erreurs, tels les militaires de l’armée enquêtant sur la présence de migrants alors que cette tâche est dévolue aux gendarmes.

Ceci dit, l’équipe des acteurs fidèles à Guédiguian est remarquable avec Darroussin, Ascaride, Demoustier pour ne citer que ces trois là, et le beau visage de Robinson Stévenin draguant Ascaride. Mais de grâce, un scénario plus léger eut apporter au film, une fraîcheur qui nous aurait permis de respirer, et donné sans doute à l’oeuvre, une profondeur qui lui manque.

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