samedi 18 novembre 2017

Un merveille muséale

Présenté au dernier Festival de Cannes, « le Musée des Merveilles » sort sur les écrans. Todd Haynes, le réalisateur US, s’est inspiré d’un roman à destination de la jeunesse, pour écrire le scénario. Honnêtement, si je n’ai pas d’avis sur le texte que je n’ai pas lu, l’œuvre cinématographique s’adresse aux adultes, surtout après un premier quart d’heure soporifique qui fait qu’on se demande ce qu’on est venu faire là. La suite est une merveille !

A cinquante ans de distance, deux adolescents, une fille Rose, et un garçon, Ben, quittent leur foyer familial pour se rendre à New-York retrouver, elle son artiste de mère, lui son père qu’il ne connaît pas. In fine, les deux histoires se relieront. Je vous laisse imaginer la suite. Et pour assaisonner l’affaire, la fille est sourde de naissance, le garçon n’entend plus depuis peu.

En 1927, le cinéma muet en Noir et Blanc décline, c’est néanmoins ainsi que filme Todd Haynes les séquences de la vie de Rose, vues magnifiques de N-Y avec ses rues où se côtoient les premières automobiles, les chevaux, et les hommes en chapeau haut de forme, les femmes en robe longue. Ici, étrange sensation entre le cinéma muet et cette jeune fille qui n’entend pas.

Cinquante ans plus tard, Ben parcourt les rues de N-Y qui ont bien changé : couleurs vives, foule sur les trottoirs, mais aussi quartiers livrés à eux-mêmes, carcasses de voitures, petite pègre, boutiques fermées. Tous deux se rendent au Museum d’Histoire Naturelle de N-Y que Todd Haynes nous fait visiter, comme on irait voir celui du Jardin des Plantes à Paris.

Les deux enfants, l’actrice jouant le rôle de Rose étant elle-même sourde, dégagent une forte chaleur émotionnelle, notamment le jeune Oakes Fegley que la caméra suit quasi continuellement lors des séquences seventies. Le dernier long métrage de Todd Haynes est à la fois un vrai musée, et une merveille cinématographique. Ne pas manquer le générique de fin où la langue des signes décrit une véritable chorégraphie. C’est à la fois un hommage aux personnes sourdes, à l’enfance et à ses rêves, à l’histoire du 7ème art ainsi qu’à la ville de New-York. Du beau cinéma indépendant US.

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