jeudi 7 septembre 2017

Barbara/Balibar au sein d'un labyrinthe musical

Jeanne Balibar, je l’ai découverte il y a quelques années sur la scène de la Cour d’Honneur, avec le trio Stanislas Nordey, Laurent Sauvage et Emmanuelle Béart, dans « Par les Villages » de Peter Handke et une mise en scène du premier d’entre eux.
Elle est sans doute l’actrice idéale pour interpréter Barbara : grande, brune, de grands yeux, pianiste à ses heures et chanteuse à la voix claire et grave.

Mathieu Amalric  nous propose un biopic sur la dame de Gottingen, enfin pas tout à fait et c’est une excellente chose car les biopics ne m’inspirent guère. Fort intelligemment, Amalric crée une fiction, celle d’un réalisateur (lui-même évidemment) qui tourne un film sur Barbara, l’actrice dans la fiction s’appelant Brigitte et dont le rôle est tenu par Balibar. Vous suivez ? Or donc, la vie de Brigitte, les scènes du film dans le film et quelques vidéos d’époque s’entrecroisent, sans même quelquefois que le spectateur ne sache réellement où il en est, dans une sorte de puzzle, voire de labyrinthe cinématographique. Parfois, l’apparition de la caméra filmant le film dans le film nous renseigne, mais pas toujours. Certes, c’est quelque peu perturbant, mais il faut bien reconnaître que le système fonctionne.

Nous baignons dans les années 80, celles des années du Sida, les pires, maladie contre laquelle la chanteuse s’est engagée (juste un nom prononcé, celui de Cleews Vellay, président d’Act’up), on aperçoit Brel avec qui elle s’est liée d’amitié, Jacques Tournier l’écrivain, et d’autres. C’est une plongée dans l’histoire récente que nous propose Amalric.

Lui-même et Balibar crèvent l’écran, lui semblant fou amoureux de la chanteuse, ou de l’actrice Brigitte, à moins que ce ne soit de Jeanne, allez savoir. Quant à Jeanne, elle est sublime quand elle est au piano, qu’elle chante, ou qu’elle interprète Barbara. Bon, il ne me reste plus qu’à me repasser « l’Aigle noir, et beaucoup d’autres de ses magnifiques chansons. Merci, Grande Dame !


Un beau jour,
Ou peut-être une nuit
Près d'un lac, je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer.
Près de moi, dans un bruissement d'ailes,
Comme tombé du ciel,
L'oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit.
À son front, brillant de mille feux,
L'oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue.
Dans ma main, il a glissé son cou.
C'est alors que je l'ai reconnu :
Surgissant du passé,
Il m'était revenu.

Dis l'oiseau, O dis, emmène-moi.
Retournons au pays d'autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles.

Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Être faiseur de pluie
Et faire des merveilles.

L'aigle noir, dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel.
Quatre plumes, couleur de la nuit,
Une larme, ou peut-être un rubis.
J'avais froid, il ne me restait rien.
L'oiseau m'avait laissée
Seule avec mon chagrin.

Un beau jour, ou était-ce une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie.
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

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