Les chebabs de Yarmouk est un film documentaire sur une famille palestinienne, exilée dans le camp de Yarmouk, en Syrie, dans les années qui précédèrent, d’une part le soulèvement d’une partie de la population contre Bachar El Assad, chef de l’Etat et dictateur sanguinaire du pays, ensuite face à la folie meurtrière de Daesh. Le camp sera bombardé par Assad, puis par Daesh, entraînant un nouvel exil puisque, si plusieurs centaines de milliers de Palestiniens peuplaient le camp de Yarmouk en 2010, il en resterait aujourd’hui 18 000.Le film du réalisateur, Axel Salvatori-Sinz, se déroule exclusivement au sein d’un appartement occupé par deux jeunes couples, un enfant, et les grands-parents. Parfois, la caméra s’aventure sur le toit, mais discrètement tant les alentours ont des yeux qui pourraient s’inquiéter de la présence de cette caméra.
Ces quatre jeunes vivent d’espoir, les uns parlant du Chili, d’autres de la Pologne, certains envisageant de faire une carrière cinématographique. Mais l’enfermement dans ce camp, peu avant l’embrasement de la Syrie, leur interdit peu ou prou toute ouverture. Quant au retour dans leur pays qu’ils n’ont jamais connu, la Palestine, ils ne l’espèrent même plus.
On a là, quatre jeunes, occidentalisés, les deux jeunes femmes, pourtant musulmanes, ne portant aucun voile devant la caméra. Peuple maintenu dans un quasi esclavage et qui n’a d’autre issue que la Diaspora, l’exil après l’exil. Ils sont instruits, ont fait des études, sont aux portes de la vie qui ne veut pas d’eux.
Le générique de fin nous apprend qu’un couple vit aujourd’hui en France, et que l’un des deux jeunes hommes a été tué par le régime d’Assad.
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