mercredi 24 juin 2015

Au Ciel ou en Enfer

Les Moissons du ciel, deuxième long métrage de Terrence Malick, Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1979, est un film d’une infinie beauté.

Un homme, Bill, et une femme, Abby, jeunes, se disent frère et sœur, mais le sont-ils ? Une forte amitié les lie, peut-être est-ce de l’amour… Nul ne le sait ! Ils sont accompagnés d’une jeune ado, elle-même se disant la sœur de… Peu importe après tout !
Nous sommes au début du XXème siècle, quelque part aux Etats-Unis. Fuyant une usine de sidérurgie, ils atterrissent tous trois dans une exploitation agricole pour la moisson du blé. Au centre trône la demeure du riche fermier, maison de bois, haute, majestueuse, fulgurante.
Le fermier, jeune lui aussi, mais qui n’en aurait pour plus longtemps à vivre, et qui pourrait laisser un héritage conséquent, s’éprend de la demoiselle, et tous deux se marient. Est-elle amoureuse, le deviendra-t-elle ? Cède-t-elle à la pression de Bill ? L’argent est-il plus attirant que l’amour ? Malick ne nous dit rien, il laisse astucieusement supposer ce que l’on voudra… Là aussi, peu importe…

L’histoire se déroule sur plusieurs années, plusieurs moissons, et le spectateur assiste à l’arrivée du train, de la locomobile (première moissonneuse), des premiers avions, de la moto.

Les images sont d’une terrifiante beauté. Les animaux errent de-ci, de-là, tels des dieux dans l’Olympe. Les blés ondulent sous le vent avant que l’incendie de la plaine, majestueusement, n’anéantisse tout sur son passage. L’armée de criquets représente-t-il métaphoriquement la fin du monde ? Il faut aussi mentionner le générique d’introduction du film, avec son défilé de photos du début du siècle, ainsi que le four, gueule béante de l’enfer.

Film lumineux, impressionniste, allégorique, porté par une troupe d’excellents acteurs, sous la conduite d’un maître du 7ème art.

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