Titli, une chronique indienne, de l’indien Kanu Behl, dont c’est le premier film, a été présenté au dernier festival de Cannes dans la catégorie « un Certain Regard ». On peut légitimement s’étonner qu’aucune récompense ne lui ait été attribuée tant ce film est à classer tout en haut de l’échelle des valeurs cinématographiques.Le cinéma d’auteur, venant de l’Inde, est assez rare : on connaît Ugly, du réalisateur Anurag Kashyap, film parsemé de violences qui nous plonge dans la société indienne et tous ses problèmes.
Titli est un peu sur le même créneau. Au fond d’une ruelle sans assainissement, vit une famille où le lavage des dents est des plus bruyants. Trois frères adultes et un père, sorte de fantôme, vivent là dans une maison misérable. L’aîné des frères est marié et a une petite fille dont on fête l’anniversaire dès la première séquence. Les trois frères vivent du vol de voitures, à l’arraché, en tabassant les passagers quand ils ne les laissent pas mourant. La raclée est d’ailleurs le point fort de l’aîné.
Le benjamin des trois, Titli, voulant dire Papillon en français, se pose néanmoins quelques questions existentielles. Doit-il faire et finir sa vie dans cette famille ou prendre ses distances, ce qui sous entend trouver de l’argent ? Marié de force avec une jolie brune, elle-même n’ayant pas non plus eu le choix, mais de fort caractère, les deux époux vont traverser des moments fort difficiles. N’en disons pas plus.
Certes, les scènes de violence peuvent indisposer. Mais l’ensemble donne quelque chose de très beau : le mariage notamment ou l’araignée qui semble voleter à la fin d’une scène d’une rare beauté. Deux acteurs crèvent l’écran : l’aîné dont le seul regard exprime la violence, et surtout Titli, le benjamin papillon, incarné par Shashank Arora, dont le visage exprime un monument de tristesse, mais qui peut comme son aîné devenir très violent. Quand on vit dans une famille plongée dans le milieu de la pègre, peut-on s’en sortir, semble s’interroger Kanu Behl, dont on reparlera à coup sûr !
A citer aussi le cadreur, caméra à l’épaule, tout à fait excellent.
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