dimanche 26 avril 2015

Délire patagonien

Jauja, film de Lisandro Alonso, se déroule en Patagonie vers la fin du 19ème siècle.
Un prologue écrit informe le spectateur que « Jauja » est une sorte de paradis, quelque part, et d’où, tous ceux qui voulurent le découvrir, ne sont jamais revenus.

Le film est tourné au format 4/3, aux bords arrondis, ce qui lui confère quelque chose de mystérieux, de film étrange.

La première image est splendide : un père et sa fille, à la somptueuse robe bleue, évoquent leur futur retour au Danemark. Lui est mi-ingénieur, mi-militaire, dans une armée dont l’objectif est d’exterminer les indigènes, appelés « têtes de cocos ». Sa fille avoue aimer le désert et voudrait qu’il la « remplisse ».

Au matin, la jeune fille a disparu, partie avec son amoureux, un jeune militaire racontant à qui veut l’entendre qu’un des leurs, haut gradé, disparu depuis quelque temps lui aussi, parcourt la plaine habillé en femme. Son ombre planera tout au long du film. Le père part alors à la recherche de sa fille. On est en plein western, avec chevaux, fusils, indiens, meurtres, et même coupeur de tête !

Peu à peu, le film va s’orienter vers le côté féerique. Un chien, haut sur pattes, une tache rouge à l’épaule, rencontré au hasard (mais en est-ce vraiment un ?) guide le militaire vers une femme âgée vivant dans une grotte. Dialogue surréaliste entre eux deux où la folie rôde alentours. Qui est cette femme dans ce paysage désertique ? La fin du film réserve encore quelque surprise au spectateur, laissé ainsi entre suppositions, interrogations, si ce n’est délire filmique…

Le réalisateur se complaît, caméra fixe, en des plans prolongés sur des paysages lumineux, entre savane et rochers. C’est un film lent, quasi religieux. Viggo Mortensen en impose dans un rôle du père, vieux baroudeur qui en a vu d’autres.

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