L’Opéra de Paris avait ressorti une de ses œuvres qui dorment dans les cartons, et qui, lorsqu’on a la chance de les découvrir, apparaissent comme de petits bijoux, pour peu que le metteur en scène sorte l’opéra de ses habituelles vieilleries et qu’il le confronte à une culture du XXIème siècle.
Ainsi en est-il de Peter
Sellars, artiste états-unien, « connu
pour la mise en perspective des
œuvres classiques dans le contexte de son époque », nous dit Wikipédia. Le moins
que l’on puisse dire est qu’il n’a pas manqué à sa réputation.
On connaît un peu l’histoire des deux jumeaux dans la
mythologie grecque. Castor et Pollux sont enfantés par la même mère, Léda, mais
si le premier cité est fils de Tyndare, époux de Léda et roi de Sparte, le
second est le fils de Zeus, lequel avait réussi grâce à un subterfuge, a
séduire Léda. Le premier est donc mortel tandis que le second est immortel. Au
cours d’une guerre, Castor est tué, son frère descend alors aux enfers prendre sa
place, mais Zeus aura la bonté de les rendre tous deux immortels, d’où leur
présence depuis la nuit des temps dans la constellation des gémeaux, quelque
part dans la galaxie. Ajoutons que les deux frères aiment la même femme,
Telaïre, laquelle n’a d’yeux que pour Castor.
Peter Sellars
avait choisi de faire se rencontrer la musique de Rameau et une des danses
actuelles comme on les appelle, en l’occurrence le « FlexN » dont un
des chorégraphe phare est Cal Hunt,
new-yorkais, danse caractérisée par un déplacement sur la pointe des pieds avec
de très jolis mouvements du corps et des bras. Sur le plateau de Garnier, 14
danseuses et danseurs accompagnaient ainsi solistes et chœurs, tandis que dans
la fosse officiait le chef Teodor
Currentzis et son orchestre Utopia.
Sur le plateau, une cuisine, un salon, une chambre et même
la salle de bain avec douche, Peter
Sellars expliquant qu’aux USA, aucune salle de spectacles ne permet
d’accueillir les danses actuelles, celles-ci se réfugiant dans les
appartements. Pourquoi pas un tel décor, d’une simplicité voulue, non pour des
motifs budgétaires, mais afin d’accueillir le « FlexN » ! Pour
tous et toutes, danser à Garnier devait être le sommet auquel ils pouvaient
s’attendre.
Un orchestre Utopia absolument remarquable, des chœurs
magnifiques, voilà un opéra qui a reçu une ovation rare et méritée au Palais
Garnier, nonobstant les critiques des médias attachées aux vieilleries lyriques.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.