samedi 11 février 2017

Dieu garde le silence (pardi !)

Le dernier long très long métrage de Martin Scorcese, « Silence » dont il est metteur en scène, et d’après le roman éponyme de Shūsaku Endō, sort cette semaine dans les salles obscures. Deux heures 40 pendant lesquelles Dieu nous est servi en entrée, comme plat de résistance, au fromage et au dessert. De quoi s’agit-il donc ?

Nous sommes au XVIIème siècle. Les puissances maritimes européennes développent leur commerce jusqu’en Asie, et au Japon notamment. Le clergé portugais a entrepris de convertir le peuple nippon et envoie des missionnaires. L’un d’eux n’étant pas revenu, on dépêche deux jeunes prêtres à sa recherche dans un pays où les autorités massacrent les convertis après d’épouvantables tortures.

Le problème posé par Scorcese, c’est le silence de Dieu devant les abominations subies par les chrétiens. Je n’entrerai pas dans un quelconque débat théologique, c’est inutile. Mon commentaire portera uniquement sur le côté cinématographique du film.

Première surprise : les deux « Padre » portugais parlent anglais en VO. Que Scorcese choisisse des acteurs US pour tenir ces rôles, c’est son choix. Discutable certes ! Alors, autant nous refiler une version française dans ces conditions (et même avec des japonais parlant français, tant qu’on y est !).

Le film est divisé en deux parties : avant l’arrestation du Padre Rodrigues, et après. On assiste à une suite de scènes de tortures et de mises à mort des japonais convertis. Dieu revient à toutes les sauces dans la bouche de notre missionnaire. En fait, Scorcese nous ressert une nouvelle version de Jésus en Palestine, avec Judas (celui qui passe son temps à trahir le Padre Rodrigues pour lui demander ensuite de l’absoudre) et Ponce Pilate dans le rôle de l’inquisiteur japonais.

Malheureusement, ce film dénué de toute émotion, et nanti de quelques longueurs, nous laisse froid. Certes, les acteurs réalisent chacun une excellente prestation, c’est bien filmé, les paysages sont parfois fabuleux, mais cela reste du cinéma hoolywoodien et rien d’autre. On a néanmoins revu avec plaisir, Adam Driver dans le rôle du second Padre, qu’on avait très récemment admiré dans Paterson. Mais quitte à me faire incendier, Scorcese n’est pas Jarmusch !

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