Manos Sucias (Mains sales), du réalisateur US Josef Wladyka, de mère japonaise et de père polonais (c’est ce qu’on appelle la citoyenneté mondiale à trois continents), nous entraîne en Colombie, dans une zone de Mangroves, puis en mer, le long de la côte colombienne.Deux jeunes noirs, frères sans doute, sont chargés de tracter à l’aide d’une barque de pêcheurs, une sorte de torpille bourrée de drogue, jusqu’à un certain endroit où des narco-trafiquants viendront prendre livraison.
Partant à trois, ils n’arriveront qu’à deux. Les embûches vont aller crescendo tout au long de leur parcours maritime, jusqu’à son point culminant. Ici, âmes sensibles s’abstenir !
Dans les quelques moments de répit, on parle foot, (Pelé était-il le meilleur ?), on évoque les premières expériences sexuelles, la vie dans les bidonvilles, on chante du rap, bref, c’est la vie colombienne des jeunes exclus et paumés que nous décrit Wladyka. Mais le racisme est là aussi, qui affleure et peut s’abattre violemment à un moment ou un autre.
Les images de la côte, celles de la vie maritime, mais aussi celles des Mangroves, sont d’une très grande beauté, caméra à l’épaule notamment dans la barque. Certains effets de caméra plongeant dans l’eau sont assez impressionnants. Chapeau bas au directeur de la photographie, et co-scénariste du film, Alan Blanco. Quant à l’usage de la moto-train, voilà un spectacle à lui seul qui vaut le détour.
Notons enfin l’interprétation des deux noirs, notamment le plus jeune, à la bouille ravissante, qui s’est lancé dans cette aventure un peu comme dans un jeu, et qui découvre l’horreur de soi-même. Car en plongeant les mains dans le cambouis, elles n’en ressortent pas propres.
Un beau film captivant !
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