« Des fleurs pour Tokyo », premier long métrage de Yuiga Danzuka présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes en 2025, est une grande réussite cinématographique. Film lent, où les sentiments, les relations entre les membres de la famille sont analysées, pesées, la cinéaste prend son temps pour disséquer les non-dits, les rejets, les réconciliations, ou les faux-semblants.
Dix années ont passé, on apprend que la mère s’est suicidée après la fuite du mari. Ce dernier est devenu un architecte de renom après que ses enfants l’eurent rejeté, la fille envisage le mariage avec son ami, mais n’en est pas sûre, le garçon livre des fleurs pour des particuliers, il vit de peu.
Le hasard remet en présence le père et le fils. Et c’est là que Yuiga Danzuka excelle dans le face à face. En suivront d’autres jusqu’à un tour de passe-passe que le cinéma peut s’offrir. Pas simple de décrypter les pensées profondes des trois, entre l’envie de renouer et celle de rejeter celui qui a commis l’irréparable.
Le cinéaste ne se contente pas de traiter une histoire familiale qui explose, mais il replace l’affaire dans l’évolution de Tokyo en une ville aux multiples gratte-ciels, ville futuriste dont il nous offre des plans magnifiques (tout est affaire de goût), sans oublier les laisser pour compte, les sans-abris dont l’architecte ne sait que faire.
Film à voir, cinéaste, cadreur, actrices et acteurs à découvrir, tant leur interprétation est émouvante.






